1. Introduction à l’étude de l’histoire africaine – 2nde
Introduction
L’histoire est l’étude du passé. L’histoire est l’étude des évènements passés. Autant de définitions qui ont animé les historiens qui ont toujours cherché à donner une identité à leur discipline. Selon le Professeur Joseph KI-ZERBO, l’histoire est le temps retrouvé. Elle nous permet de connaître notre passé, de comprendre notre présent et de mieux envisager le futur. Mais la problématique de l’histoire africaine s’est posée depuis le XIXème siècle par les penseurs européens.
I) La problématique de l’étude de l’histoire africaine : L’Afrique a-t-elle une histoire ?
Le XIXème siècle européen a été un siècle de débat sur l’historiographie de l’Afrique. En un mot il s’agissait de prouver que l’Afrique a connu une histoire ou du moins l’Afrique est-elle une partie historique du monde ?
1°) Les thèses européennes
La plupart des penseurs européens soutenaient la thèse selon laquelle l’Afrique n’ayant pas connu l’écriture ne peut prétendre avoir connu une histoire. Pour eux, l’histoire s’écrit avec des documents écrits. Donc sans écriture, pas d’histoire. Le philosophe HEGEL soutient que l’Afrique est un continent ahistorique. Pour lui, « l’histoire est le jugement dernier qui fait vivre éternellement les héros et qui enterre dans l’oubli ceux qui n’ont rien fait de leur vie ». Seule l’Europe, l’Amérique et l’Asie ont montré les preuves d’une appartenance à l’histoire mondiale.
2°) La réplique des intellectuelles africains du XIXème siècle
Les thèses européennes ont été réfutées par des intellectuels africains avec des arguments très pertinents. Joseph KI-ZERBO, Cheik Anta DIOP, Ibrahima BABA KAKE, Elikia M’BOKOLO, Théophile OBENGA… ont prouvé à la face du monde que l’Afrique avait bel et bien eu une histoire et a même été le berceau de l’humanité. Pour les Africain l’histoire ne se fait pas uniquement avec des documents écrits mais aussi par les sources archéologiques et la tradition orale. L’Afrique ayant une culture d’oralité ne peut être soumise au même jugement que l’Europe. Aussi si la plus vielle civilisation moderne du monde (l’Egypte antique) à émerveiller le monde et continue de rester au temps, c’est grâce à la complémentarité entre l’archéologie et les hiéroglyphes qui sont des sources écrites.
3- La reconnaissance d’une histoire pour l’Afrique
Il a fallu plusieurs écrits et colloques pour parvenir à l’acceptation par la communauté scientifique de l’historialité de l’Afrique. Le plus célèbre fut le colloque de 1975 au Caire où des historiens africains tels Joseph KI-ZERBO, Cheik Anta DIOP, Amadou Matar M’BOW et Européens tels Jean DEVISSE finissent par s’accorder et prouver au monde la place de l’histoire africaine dans l’histoire mondiale. KI-ZERBO dans sont ouvrage «Histoire générale de l’Afrique noire», Cheik Anta DIOP dans «Nation nègre et culture» ont émerveillé plus d’un observateur et ont convaincu définitivement de la place primordiale qui devrait revenir à la mère de l’humanité dans l’histoire des civilisations du monde.
II) Les sources et les techniques d’études de l’histoire africaine.
1) Les sources
– Les documents écrits
Un document écrit est tout ce que l’homme a laissé comme écriture et qui nous renseigne sur son passé. Ces documents écrits sont variés : les textes religieux, les lois, les inscriptions sur les pierres, etc. En absence de documents écrits, certains historiens disent que l’Afrique n’a pas d’histoire. Exemple : Hegel déclarait en 1830 : « l’Afrique n’est pas une partie historique du monde. Elle n’a pas de mouvement, de développement a montré… » Coupland ajoute en 1928 que : « jusqu’à David Livingstone, on peut dire que l’Afrique proprement dite n’a pas d’histoire.
En réalité, les documents ne sont pas absents en Afrique. Ils sont peut-être moins nombreux qu’ailleurs et ils sont mal repartie dans le temps et dans l’espace. Nous pouvons par exemple citer :
- Les sources antiques (égyptienne, nubienne, gréco-latine, romaine) ;
- Les sources arabes qui sont très nombreuses. Les principaux auteurs sont : Al Bakri, Ibn Hawkal, Ibn Batuta ;
- Les sources européennes (explorateurs et missionnaires)
– Les sources orales
La tradition orale est l’ensemble des informations transmises verbalement ou oralement par un peuple sur son passé de génération à génération. Ces informations sont contenues dans les légendes, les chants épiques, les récits initiatiques, etc. que véhicules les griots et les personnes âgées. La manipulation de la tradition orale nécessite une certaine précaution. Il faut la soumettre à la critique pour jaillir la vérité historique.
– Les archéologiques
Cette catégorie de décruments est constituée par des restes humains et animaux et des objets de toutes sortes. L’archéologie est la science qui s’occupe de ses vestiges. Par les fouilles archéologiques, on découvre des civilisations du passé.
2) Les techniques d’étude de l’historien
L’histoire se fait avec de documents. L’historien est donc inséparable de ces documents, mais leur utilisation pose des problèmes. Il y a cependant des étapes à suivre :
- La recherche des documents et des témoignages (source orale, écrite et archéologiques) ;
- L’analyse et l’interprétation critique des témoignages. L’historien doit comparer les informations recueillies, les vérifier et compléter ;
- La mise en ordre chronologique des faits. La chronologie qui est la science des dates en histoire est l’épine dorsale de l’histoire ;
- La mise en ordre logique c’est-à-dire la recherche de la causalité ;
- La synthèse ou la reconstitution synthétique.
Conclusion
La conception européenne a fait de l’Afrique a fait de l’Afrique un continent sans histoire. Pourtant toute communauté humaine a une histoire car l’histoire ne s’établi pas seulement avec des documents écrits. C’est pourquoi l’histoire de l’Afrique éprouve des difficultés liées aux sources. Aux problèmes des sources, il faut ajouter le combat idéologique que l’historien doit mener.
