8. L’évolution des peuples des peuples et des Etats Soudano Sahéliens

OG1 : Comprendre l’évolution socio-politique des théocraties Toucouleurs et Peulh
OG2 : Comprendre l’évolution socio-politique du royaume bambara de Ségou
OG3 : Comprendre l’évolution socio-politique du royaume de Kong

Introduction

La Théocratie est un mode de gouvernement ou le pouvoir est exercé par les représentants de Dieu. Au XIX è siècle l’expansion de l’islam en Afrique entraine la naissance de plusieurs Etats dont certains étaient théocratiques.


I) L’évolution socio-politique des théocraties Toucouleurs et Peulh

Les peulhs étaient des nomades vivant de l’élevage des bovins travaillant pour leur propre compte ou pour des propriétaires de troupeaux, sans jamais devenir leurs serviteurs. L’origine des Peulhs est encore mal connue. Au cours des siècles, ils se sont dispersés dans tout le Soudan, depuis le Sénégal et la Guinée jusqu’au Cameroun actuel en passant par le Macina au Mali actuel.

1) L’empire peulh du Macina

L’Empire peul du Macina a été fondé au XIXe siècle. C’était un empire théocratique fondé par un marabout peulh nommé Sékou Amadou. Il s’étendait sur une partie des territoires actuels du Mali , du Burkina Faso et de la Mauritanie , avec Hamdallaye comme capitale.

Les peuls, venus du Fouta Toro, s’étaient installés dans la région vers la fin du XIVe siècle. Au début du XIXe siècle, ils contrôlaient la région.

En 1819, Sékou Amadou, fonde alors un empire théocratique qu’il nomme diina, ce qui signifie « foi en l’islam ». Il divise son empire en 5 régions, chacune dirigée par un gouverneur militaire et un conseil religieux. Il fonde la ville d’Hamdallaye qui devient la nouvelle capitale de l’empire. L’économie repose sur l’élevage des bovins et des ovins. Sékou Amadou impose au nomade peulh la sédentarisation. Plusieurs djihads furent lancés contre les populations animistes, bambaras, soninkées, bwa, dogons. Les vaincus devenaient des serviteurs et travaillent dans l’agriculture.

Sékou Ahmadou mourut en 1844, son fils Amadou Sékou (1844)  puis son petit-fils Ahmadou Ahmadou en 1852 se succédèrent sur le trône.

En 1862, alors que l’empire est encore prospère, il est attaqué par l’empereur toucouleur El Hadj Oumar Tall qui s’empara de Djenné et d’Hamdallaye.

2) L’empire Toucouleur

El Hadj Oumar Tall, est un souverain musulman. Il est né à Halwar dans le Fouta-Toro, dans l’actuel Sénégal, entre 1794 et 1797. Il est le fondateur de l’Empire toucouleur.

Entre 1858 et 1861, El Hadj Oumar Tall s’attaque aux royaumes bambaras de Kaarta et de Ségou. Le 10 mars 1861, il conquiert Ségou qu’il confie un an plus tard à son fils Ahmadou pour partir à la conquête d’Hamdallaye, capitale de l’Empire peulh du Macina.  Hamdallaye tombera en 1862  après trois batailles faisant plus de 70 000 morts. El Hadj Omar Tall disparut en 1864 près de Bandiagara. Son neveu Tidiani Tall sera son successeur et installera la capitale de l’Empire Toucouleur à Bandiagara. Son fils Ahmadou Tall régna à Ségou, jusqu’à l’occupation française en 1893.

3) L’empire de Sokoto

Entre 1804 et 1810, Ousmane Dan Fodio, un marabout peulh regroupe les pasteurs peulh et conquiert tout le pays haoussa  jusqu’au golfe du Bénin et fonda l’empire de Sokoto, dans le nord du Nigeria actuel.

A la mort de Ousmane Dan Fodio (1816), l’empire peulh de Sokoto s’étendait, du lac Tchad en passant par le Sahara jusqu’au delta du Niger. Son fils Mohammed Bello agrandit l’empire de Sokoto fondé par son père, il organise une armée, une administration.

II) L’évolution socio-politique du royaume bambara de Ségou

1) La fondation du royaume

C’est aux alentours de 1712 que Mamari Coulibaly prend le pouvoir à Ségou grâce à son « ton », qui est une association composée de personnes de même classe d’âge mais de groupes ethniques et de religions différentes. Mamari Coulibaly surnommé Biton (bi ton : fils du ton, en peulh) règne de 1712 à sa mort en 1755. Pendant son règne, les limites du royaume s’étendaient sur les deux rives du fleuve Niger, entre Bamako et Tombouctou.

2) L’évolution socio-politique du royaume Bambara de Sékou

Le fils de Biton, Dinkoro Coulibaly succèda à son père en 1755. Il fut assassiné en 1757  pour « cause de tyrannie ». Son frère, Ali Coulibaly, de foi musulmane, tente d’interdire les cultes (religions) animistes et la consommation de dolo. Il est à son tour assassiné. L’anarchie s’installe dans le royaume.

En 1766, Ngolo Diarra, s’empara du trône et rétablit l’autorité dans le royaume. Il régna jusqu’en 1790. Il organisa le royaume en plaçant ses fils aux commandes des différentes localités. Il mourut au retour d’une batail contre les Moose, dans l’actuel Burkina Faso.

Son fils Monzon Diarra lui succèdera. Il Régnera de 1790 à 1808.  Il étendit  le royaume, en envahissant le Royaume bambara du Kaarta et en conquérant  Tombouctou  en 1800. Monzon Diarra porta le royaume de Ségou à son apogée. Sous le règne de Monzon, le royaume s’étendait de Tombouctou à Kangaba, de Bendougou à Beledougou. La société était composée de nobles, d’hommes de caste, de guerriers et d’esclaves. L’économie était basée sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. 

 Son fils Da Diarra (18081827) lui succèdera et poursuivra l’élargissement du royaume. Il résista à l’Empire peulh du Macina de Sékou Amadou qui a lancé une guerre sainte contre les animistes.

Après le règne de Da Diarra, ses frères se succédèrent sur le trône : Tiéfolo Diarra (1827-1854), Kirango Ba (1840-1848)… Wetala  Ali (1855-1861).  Mais le Royaume bambara de Ségou s’affaiblissait. En 1861, El Hadj Oumar Tall s’empara de Ségou et mit fin à l’existence du royaume Bambara de Ségou.

III)  l’évolution socio-politique du royaume de Kong

Au XII è siècle, la ville de Kong était une place commerciale où les marchands du Mali faisaient du commerce. Kong était peuplé par les Sénoufo. Les marchands dioulas transformèrent Kong en un marché transfrontalier où l’on échangeait des marchandises venus de la zone sahélienne, comme le sel et les tissus, contre  les marchandises des zones forestières  du Sud telles que noix de cola, or, esclaves. Les échanges commerciaux feront de Kong un puissant royaume qui atteindra son apogée au XVI è siècle sous l’autorité du clan Traoré. Le royaume s’étendait entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso actuels.

Au XVIII è siècle (1710),  Sékou Oumar Ouattara, un guerrier dioula, envahit la région et conquit la ville de Kong grâce à sa cavalerie. Il y prit le pouvoir et, sous son autorité, la ville de Kong devint la capitale du puissant  Empire de Kong, qui dominait une grande partie de la région. Au XIXe siècle, Kong fut détruit par  Samory Touré, la ville passa sous le contrôle des colons français au XIX è (en 1898).

Conclusion

Les théocraties peulh et toucouleur, les royaumes bambara de Ségou et le royaume de Kong ont eu une évolution socio-politique éphémère.