L’Egypte pharaonique – 2nde
Introduction
C’est à la suite de l’assèchement du Sahara que l’on assiste à un phénomène de migration au cours du 1er millénaire vers les points d’eaux, notamment vers la grande oasis qu’est le Nil. C’est dans cette partie du continent africain que s’est développée depuis l’antiquité une civilisation ancienne : la civilisation égyptienne. Ce fut une brillante civilisation qui a influencé l’évolution du monde et qui a fait du continent africain la première puissance mondiale de l’antiquité. Cette civilisation doit son salut au Nil, à la position géographique du pays et à la stratégie d’organisation mise en place par les Egyptiens. Elle présente plusieurs caractéristiques tant sur le plan politique, que socioéconomique et religieux.
I) Les origines de l’Egypte pharaonique
1) La nature
La civilisation égyptienne a commencé à se développer autour du Nil, il y a plus de 5 000 ans. C’est en traversant le désert arabique, du sud au nord, que le plus long fleuve du monde crée, sur les terres d’Égypte, une oasis (une région fertile) large de quelques kilomètres. Tous les ans, le Nil déborde et dépose sur ses berges des limons fertiles (des débris permettant à la végétation de pousser), où se développe une végétation dense de papyrus et de lotus, abritant hippopotames, ibis et crocodiles. Ces crues ont cessé il y a peu, en 1964, avec la construction du barrage d’Assouan. Sans le Nil, l’Égypte ne serait donc qu’un désert, et la civilisation égyptienne n’aurait probablement pas pu naître. Comme le souligne l’écrivain grec Hérodote dès le ve siècle avant J.-C., « l’Égypte est un don du Nil ».
2) Les hommes
Avant même que ne commence l’histoire de l’Égypte, les habitants de la vallée du Nil distinguent deux régions : la Haute-Égypte, au sud, le long du fleuve, et la Basse-Égypte, au nord, autour de son delta. Les deux régions ont leur dieu protecteur (la déesse vautour Nekhbet au sud et la déesse cobra Ouadjet au nord) et leurs symboles (le lotus et la couronne blanche au sud, le papyrus et la couronne rouge au nord). Un peu avant 3000 avant J.-C., le roi Narmer (un souverain du Sud que la tradition appelle aussi Ménès) réunit la Haute et la Basse-Égypte en un seul pays. Il est le premier pharaon, premier d’une lignée de souverains qui va régner pendant plus de 2 500 ans sur le pays.
3) Le peuplement
On distingue deux types de peuple constituant le fond de la population autochtone de l’Egypte. En haute Egypte ou Nubie c’était des populations noires venu du haut Nil. Le second groupe est constitué de population blanche dite « Libyens » qui occupaient la Basse Egypte au Nord. Le peuplement de l’Egypte est lié à l’assèchement du Sahara. Des métissages plus ou moins prononcés se sont produits entre ces différents peuples, ce qui va donner un peuple très composite. Ce pendant ce peuple reste tout de même africain. Mais les représentations figurées par les peintures ou les sculptures nous montrent des types très différents du noir.
II) L’évolution politique de l’Egypte pharaonique
1) Le caractère de l’Histoire de l’Egypte
C’est la plus vieille histoire du monde. Elle commence aux environs de 3000 ans av.J.C. les Egyptiens ont mis au point leur système d’écriture avant cette date. L’écriture égyptienne était composée de signes appelé HIEROGLYPHES. Ces signes représentent des hommes, des animaux, des objets, des plantes, etc. chaque image correspond à un symbole. Les anciens égyptiens écrivaient sur du Papyrus.
2) Les sources de l’histoire égyptienne
Pendant très longtemps on ne connaissait l’histoire de l’Egypte que par les écrits de quelques écrivains grecs et la Bible. Aujourd’hui, nous connaissons mieux cette histoire grâce aux archéologiques et surtout les découvertes de Champollion. En effet le 14 Septembre 1822 le français Jean Champollion arrive à déchiffrer les HIEROGLIPHES permettant ainsi la lecture de très nombreux textes égyptiens de l’antiquité. Tous les moyens qui ont été mis en œuvre pour la connaissance de l’histoire de l’Egypte antique constituent une science appelée Egyptologie.
3) Les grandes périodes de l’Histoire Egyptienne
Au début de son Histoire, l’Egypte n’avait pas d’unité politique. Elle comprenait plusieurs régions indépendantes (Haute, Basse Egypte). C’est vers 3200 av.J.C qu’un souverain de la Haute Egypte Ménès réussit l’unification de l’Egypte. C’est en ce moment que commence une ère de prospérité et de grandeur qui va durer près de 20 siècles. Cette ère se divise en 3 périodes.
L’Ancien Empire
L’Ancien Empire s’étend de 2649 à 2152 avant J.-C. Rapidement après l’unification du pays par Narmer, le pouvoir des pharaons se renforce ; le souverain est l’incarnation des dieux Horus et Osiris sur Terre. Les pharaons installent leur capitale à Memphis, ville nouvelle située à la jonction entre la Haute et la Basse-Égypte, et font bâtir des pyramides. L’ancien empire correspond au règne de grands pharaons comme Khéops, Khéphren, et Mykérinos.
Le pays prospère, notamment grâce au commerce ; les navigateurs égyptiens explorent le continent africain jusqu’à l’actuelle Somalie. Les sciences (astronomie et médecine) se développent ; par exemple, ce sont les astronomes de Memphis qui créent le calendrier solaire fondé sur une année de 365 jours. À la fin de l’Ancien Empire, le pouvoir des pharaons s’effondre. Commence alors une période intermédiaire longue d’une centaine d’années pendant laquelle le pays se divise, soumis aux invasions. Plusieurs souverains tentent de reprendre le contrôle du pays.
Le Moyen Empire
C’est à Thèbes, en Haute-Égypte, que naît le Moyen Empire. Pendant cette période, qui dure de 2065 à 1781 avant J.-C., le pouvoir du pharaon se renforce : le souverain recrée une administration puissante au sein de laquelle les scribes (des fonctionnaires sachant écrire les hiéroglyphes) prennent de l’importance. La littérature, l’architecture, l’art se développent et se raffinent. L’Égypte vit dans l’unité et la prospérité pendant environ trois siècles, lorsque de nouveaux troubles apparaissent : des envahisseurs venus d’Asie, les Hyksos, bien armés et équipés de chars et de chevaux, envahissent toute l’Égypte du Nord. Le Sud, autour de Thèbes, résiste et le pays est finalement réunifié par les pharaons Kamosis et Amosis Ier.
Le Nouvel Empire
Pendant le Nouvel Empire (de 1550 à 1075 avant J.-C.), Thèbes est toujours la capitale de l’Égypte. L’Égypte entre dans une époque de puissance, d’expansion et de prospérité, en particulier sous les règnes de la reine Hatchepsout et des pharaons Thoutmosis III, Aménophis III, Ramsès II. Le pays s’étend jusqu’à la Syrie au Nord-Est, et à l’Éthiopie au Sud.
4) Le déclin
Le nouvel empire va disparaitre à cause des rivalités entre le pouvoir royal et le clergé (ensemble du corps religieux.). Ces rivalités affaiblissent le pouvoir central. Dans cette rivalité, l’Egypte ne peut résister aux invasions des peuples barbares.
Dès -1085, l’Egypte connaitra une longue période de déclin. Elle sera successivement dominée par les Nubiens, puis les Assyriens (-663), les Perses (-525), les Grecs conduit par Alexandre le Grand (-333), les romains (31) suivi par les Byzantins et les Arabes. Ainsi prenait fin 3000 ans d’une prestigieuse Histoire.
III) la civilisation égyptienne.
1) L’organisation sociopolitique
La société Egyptienne à l’époque des pharaons est très hiérarchisée. Chaque catégorie de personne a un rôle très précis à accomplir : le peuple travail, les prêtres prient, etc. placer au sommet de cette société, le pharaon est un souverain absolu qui est assimilé a un Dieu
a) Le pharaon
Le pharaon est considéré comme l’incarnation des dieux égyptiens sur la Terre. On lui reconnaît des pouvoirs magiques, par exemple gérer les crues du Nil. Le pharaon dirige toutes les affaires du royaume (administration, économie, etc.) ; son pouvoir est donc absolu et centralisé. Après sa mort, ses actions sont jugées par les dieux ; si le jugement lui est favorable, le pharaon reçoit un culte.
b) Les prêtres
Les prêtres servent d’intermédiaires entre les hommes et les multiples dieux égyptiens. Ils disposent donc d’un pouvoir spirituel. Ils jouissent aussi d’un pouvoir économique grâce aux donations et aux offrandes faites aux dieux.
c) Les scribes
Parce qu’ils connaissent les hiéroglyphes, les scribes disposent d’un prestige particulier. Ils sont fonctionnaires du pharaon ou attachés au culte d’un dieu. Ils gèrent le trésor royal, perçoivent les impôts et gouvernent les villes. Le plus important des scribes s’appelle le vizir ; c’est en quelque sorte le bras droit du pharaon.
d) Les artisans et les paysans
Les artisans et les paysans correspondent à 90 % de la population égyptienne. Ils sont lourdement imposés et doivent reverser au pharaon environ la moitié de leurs récoltes. En hiver, ils travaillent sur les chantiers des palais, des temples et des tombeaux.
e) Les peuples soumis
Les peuples soumis, les prisonniers et les esclaves travaillent dans les carrières et dans les mines de pierres précieuses. Grâce à leur travail, les palais, les temples et les tombeaux sont richement décorés.
2) L’organisation économique.
L’économie de l’Egypte antique s’organise essentiellement autour du commerce, de l’agriculture et de l’artisanat.
Au niveau commercial, les égyptiens avaient établi des relations commerciales avec leurs voisins pour obtenir des produits exotiques et rares qu’on ne peut trouver en Egypte. Ainsi, ils mettent en place une route commerciale avec la Nubie et Canaan pour obtenir de l’or et de l’encens. Ils établissent également des liens commerciaux avec la Palestine. L’Égypte se repose aussi sur le commerce avec l’Anatolie pour acheter de l’étain ainsi que des réserves supplémentaires de cuivre, nécessaires à la fabrication du bronze. Pour équilibrer sa balance commerciale, l’Égypte exporte surtout des céréales, du lin, du papyrus, ainsi que d’autres produits finis parmi lesquels du verre et des objets en pierre.
L’agriculture égyptienne connaît un grand succès pendant l’Antiquité en raison d’une combinaison de facteurs géographiques favorables, au premier rang desquels on peut citer la fertilité du sol résultant des inondations annuelles du Nil. L’agriculture de l’Égypte est largement tributaire du cycle du Nil.
3) Le rôle de la religion
Les hommes de l’Égypte ancienne croient en de nombreux dieux. On appelle cela le polythéisme. Les dieux sont chargés de maintenir l’équilibre de l’univers. Ils veillent aussi à la crue du Nil qui permet chaque année d’obtenir de bonnes récoltes.
La religion occupe une place très importante dans la vie des Égyptiens. Chaque grande ville possède ses propres dieux, mais le dieu du Soleil, Rê, est vénéré partout.
LES DIEUX ÉGYPTIENS
Le plus important des dieux égyptiens est Rê, le Soleil. Parmi les autres grands dieux se trouvent Horus, le dieu du Ciel, Osiris, le dieu des Morts, et Thot, le dieu de la Lune et de la Magie. Les plus grandes déesses sont Isis, la déesse de la Fertilité, Maât, la déesse de la Justice, et Hathor, la déesse de l’Amour et de la Joie. Chaque ville vénère un ou plusieurs dieux en particulier, et chaque activité a son propre dieu. Par exemple, Ptah est le dieu des artisans et Thot, celui de l’écriture.
4) l’art égyptien.
L’art égyptien est essentiellement consacré à la religion et au pharaon (considéré comme un dieu vivant). Les édifices les plus connus de l’Égypte ancienne sont les pyramides, qui ont servi de tombeaux aux premiers pharaons. L’une des caractéristiques de l’art égyptien est la représentation des personnages peints sur les parois des tombeaux
a) L’architecture
L’architecture est l’art de construire des bâtiments, des édifices. Elle exprime un sentiment de grandeur dû au goût instinctif des artisans et au paysage égyptien. Cette architecture se traduit par des formes géométriques et des effets de masse. Les matériaux utilisés étaient le calcaire, le granite, l’albâtre. Ex : les tombeaux, les temples
b) La peinture et la sculpture
Les dieux et les déesses de l’Ancienne Égypte sont souvent représentés, dans les peintures et les sculptures, avec un corps humain et une tête d’animal,ou parfois entièrement sous la forme d’un animal.
→ le dieu Thot a une tête d’ibis (un oiseau au bec fin et recourbé) ;
→ la déesse Hathor prend l’apparence d’une femme à la tête de vache, d’une femme portant des cornes de vache ou d’une vache ;
→ la déesse Bastet (qui était à l’origine représentée sous la forme d’une femme à tête de félin) prend le plus souvent la forme d’un chat.
Certains dieux sont aussi coiffés d’une couronne, de plumes ou du disque solaire (un cercle symbolisant le soleil). Ils sont souvent accompagnés d’objets qui permettent de les reconnaître. Certains, par exemple, portent la croix ankh, symbole d’éternité. Osiris porte dans ses mains le sceptre et le fouet qui représentent le pouvoir royal.
Conclusion
La vallée du Nil a été peuplée suite à l’assèchement du Sahara à partir de 3500 avant J.C. ce peuplement entraina une concentration de populations partagées entre deux royaumes : la Haute Egypte au sud et la Basse Egypte au nord. Il fallut attendre vers 3200 avant J.C. pour que Narmer puisse unifier les deux royaumes. Ainsi débute une longue et brillante civilisation qui, qui dans son évolution passe par quatre époques principales avant tomber en décadence.
